Réglementations alimentaires, commerce et résilience : le workshop de NEEMA au cœur des enjeux de demain
Le vendredi 4 septembre 2026, l’Université Côte d’Azur a accueilli un workshop consacré à l’un des défis les plus structurants des prochaines décennies : la capacité de nos sociétés à garantir une alimentation sûre, saine, accessible et durable dans un contexte de profondes transformations des systèmes alimentaires mondiaux.
Organisé dans le cadre du projet Erasmus+ NEEMA, ce workshop a été animé par le Professeur Miguel-Angel MARTIN LOPEZ, coordinateur du projet NEEMA, chercheur et professeur de droit à l’Université de Séville, sur le thème « L’influence des politiques et des accords commerciaux sur la mise en œuvre des principes « De la ferme à la table ». Attention particulière portée aux pratiques de l’Union européenne et de l’Afrique de l’Ouest ».
L’évènement a réuni un public particulièrement diversifié d’Afrique de l’Ouest : chercheurs, enseignants, étudiants, chefs d’entreprises et représentants d’associations et ONG.

De la crise alimentaire à la transformation des systèmes alimentaires
L’un des principaux intérêts du workshop a été de replacer les politiques alimentaires dans une réflexion plus large sur les fragilités systémiques de nos modèles de production, de transformation, de commercialisation et de consommation.
Au cours de la présentation et des échanges, plusieurs problématiques ont à ce titre été soulevées pour illustrer les complexités liées à la multiplicité des facteurs à l’origine des crises alimentaires contemporaines tels que :
- La dépendance aux engrais chimiques
- La pression croissante exercée sur les ressources en eau
- Les crises liées à l’élevage
- Les pratiques industrielles de l’agro-alimentaire sur la santé
- Les difficultés rencontrées par certains territoires pour assurer un approvisionnement alimentaire suffisant et régulier de leurs populations
Ces différentes problématiques ont un point en commun : elles montrent que la sécurité alimentaire ne peut être pensée uniquement à l’échelle de la production agricole.
« De la ferme à la table » : penser l’alimentation comme un système
Au-delà d’une stratégie agricole ou alimentaire, cette approche invite à considérer les différentes étapes de la chaîne alimentaire comme interdépendantes.
Elle pose ainsi la question de savoir comment construire des systèmes alimentaires capables de répondre simultanément aux impératifs de santé publique, de protection de l’environnement, de viabilité économique et d’accessibilité alimentaire ?
Le workshop a permis d’examiner la manière dont les politiques européennes cherchent à répondre à ces défis, mais aussi les conditions dans lesquelles ces orientations peuvent être transposées ou adaptées dans les contextes ouest-africains.
Une telle approche est particulièrement pertinente dans une région où la sécurité alimentaire et la nutrition sont étroitement liées au développement économique, aux pressions environnementales, à l’accès aux ressources et à la résilience des systèmes alimentaires locaux.
Anticiper plutôt que subir le prochain choc alimentaire
Le workshop s’est tenu le même jour que la publication de deux articles de presse internationale consacrés aux risques de choc alimentaire, donnant une résonnance particulière aux discussions.
Cette actualité illustre une réalité désormais difficile à ignorer : les systèmes alimentaires mondiaux sont exposés à des perturbations mondiales, multiples et simultanées et la question n’est plus seulement de savoir comment réagir à une crise lorsqu’elle survient, mais comment préparer les systèmes alimentaires de demain et prévenir la crise.
La formation a donc mis en évidence un enjeu fondamental pour les années à venir, et a permis de rapprocher les problématiques de terrain avec les systèmes juridico-politiques qui les régulent.
En réunissant des perspectives académiques et des expériences pratiques provenant d’Europe et d’Afrique de l’Ouest, l’atelier a contribué à renforcer la compréhension et les capacités d’analyse des futurs acteurs des systèmes alimentaires africains et européens.
Il a ainsi contribué à renforcer les analyses des futurs acteurs des systèmes alimentaires d’Afrique et d’Europe, et à nourrir le débat sur le modèle alimentaire qui reste à construire pour les prochaines décennies, tous continents confondus.